23/11/2007

Yunga Cruz - La galère

Ce trek, probablement notre dernier en Amérique du Sud, devait être le point d'orgue de notre séjour à La Paz et devait nous permettre de découvrir les Andes boliviennes et les Yungas. Finalement, cela a beaucoup plus souvent ressemblé à un stage commando en Guyane qu'à une sympathique balade pour gringos, la faute à des conditions climatiques catastrophiques. Lundi matin, tout commençait déjà bien mal puisque l'agence semblait avoir oublié d'organiser le trek, et nos 2 guides (2 frangins) se retrouvaient contraints de tout préparer en 4ème vitesse. Cela se terminait plutôt bien pour nous, puisqu'au lieu d'effectuer en bus le trajet jusqu'à Lambate, point de départ du trek, nous avions droit à un taxi rien que pour nous 4. Après 5h de piste de montagne défoncée et vertigineuse, nous arrivions donc à Lambate, prêts à marcher en début d'après midi. Le premier jour se passait sans problème, le temps était plutôt agréable et après quelques heures de marche nous arrivions à notre premier campement.
Vue de la vallée en contrebas de Lambate
Le lendemain, nous devions effectuer un denivelée de près de 2000m pour atteindre le col Kasiri, a 4300m. Malheureusement, après quelques heures de marche, des trombes d'eau ont commencé à s'abattre sur nous, et malgré notre entêtement, devant la quantité d'eau qui envahissait le chemin, nous devions nous résoudre à camper plusieurs centaines de mètres avant le col, plus ou moins abrités par un gros rocher. Si notre tente était à peu près au sec, on ne pouvait pas en dire autant de celle des guides, littéralement envahie par les eaux.
Notre abri de fortune
Après une nuit rendue difficile par le froid (il neigeait à peine 200m plus haut), nous repartions de plus belle, et devant la météo toujours aussi menaçante, decidions de faire le trek en 4 jours au lieu de 5, ce qui allait nous faire passer une journée dantesque... Après avoir passé un superbe petit lac, la Laguna Kasiri, nous arrivions au col du même nom en milieu de matinée. A partir de ce moment là, nous n'allions plus voir le soleil avant la toute fin du trek...
Vue de la montée à la Laguna
La Laguna Kasiri
Photo de groupe au col
Pris tout d'abord dans un brouillard à couper au couteau, nous nous retrouvions finalement vite sous le même déluge que la veille, avec cette fois-ci 5h de marche avant d'atteindre notre campement. L'après midi fut une véritable épreuve, puisqu'avec toute cette eau, le sentier à travers la jungle se transformait vite en un ruisseau que l'on devait descendre, du canyoning sans équipement en somme... Entre les pierres glissantes, la boue, les flaques, la végétation qui envahissait le chemin et qu'il fallait découper à la machette, la descente était à la fois éprouvante et souvent dangereuse. Malgré notre équipement payé très cher en France, on se retrouvait bien vite trempés de la tête aux pieds, ce qui ne nous facilitait pas la tâche. Après 11h de marche ce jour là, dont plus de 6 sous la pluie, on arrivait enfin au campement, exténués mais heureux de ne rien nous être cassés au cours de cette descente cauchemardesque, parfois à la limite de l'inconscience. Après une brève accalmie, la pluie continuait de tomber toute la nuit, et, à nouveau, on pouvait s'estimer heureux de la relative étanchéité de notre tente, contrairement à celle des guides... Le lendemain, peu de choses de changées, toujours de la pluie, même si moins abondante que la veille, et un sentier toujours aussi glissant et dangereux, à ouvrir fréquemment à la machette. Après 6 nouvelles heures interminables, nous arrivions enfin a Chulumani, point d'arrivée du trek, sous un chaud soleil.
Le trajet du retour, en bus, sauvait un petit peu le trek, puisque nous empruntions une piste à flanc de falaises, le long de plantations de coca en terrasses, qui nous offrait des vues magnifiques. Nous sommes aujourd'hui de retour à La Paz et nous remettons de ce parcours du combattant qui, s'il aura souvent été à la limite du supportable, restera cependant inoubliable. Ce trek doit être magnifique dans de meilleures conditions climatiques, en juillet aout, et on regrette un peu que le guide, qui savait très bien que nous allions recevoir beaucoup d'eau à cet endroit en ce début de saison des pluies, ne nous ait pas orienté vers des itinéraires moins arrosés, mais un peu moins longs, qui lui auraient donc rapporté un peu moins... L'essentiel est que nous ne nous soyions pas blessés, et que, propres et enfin secs, nous pouvons partir ce soir pour la prochaine étape de notre périple, Cochabamba.

4 commentaires:

Perrine a dit…

Non mais c'est de l'inconscience de faire faire ce trek à si petit et si mignon petit mouton... Mais au moins il pourra faire son malin auprès de ses copains... Bonne route à vous deux! :-)

Pierre a dit…

Je ne sais pas si ça peut vous aider en quoi que ce soit mais sachez que mes pensées vous accompagnent :)

Le Castor Mou a dit…

m'est avis que ce trek, vous vous en souviendrez encore dans des dizaines d'années ;)

Pareil que les 2 zigotos du dessus sinon,

bonne route et continuez de nous faire part de vos aventure, c'est toujours un plaisir a lire :)

Constant

Elen a dit…

"c'est le paradis!", hein Yohann?
pire que la passe des Lapins à Glenn Affric on dirait!
bisous